Sophrologie et émotions

Article paru dans la revue de la Fédération Française de Sophrologie

1/ ÊTRE CONSCIENT DES ÉMOTIONS QUE NOUS RESSENTONS

C’est le motif absolu pour pouvoir travailler sur nos émotions. La plupart des gens ne réalisent pas qu’ils vivent des émotions, qu’elles apparaissent dans leurs corps. Certains d’entre eux, ceux qui sont conscients d’éprouver des émotions, s’en rendent compte un certain temps après…

Pourtant, nous vivons des situations dans lesquelles nous pouvons constater : « Oh ! Je sens la colère monter en moi ! », sur-le-champ, juste au moment de l’apparition de l’émotion. Plus tôt nous serons en mesure de reconnaître l’apparition de l’émotion, plus vite nous aurons davantage de maîtrise sur elle.

Le seul fait de prendre conscience de l’existence de l’émotion dans notre corps permet, à un certain niveau, de se dissocier de celle-ci. Selon le maître spirituel Osho, en étant conscients de nos émotions, nous commençons le processus de leur dissolution.

Nous pouvons donc nous exercer à observer consciemment notre corps pour prendre conscience de toutes les émotions qui y apparaissent.

2/ RECONNAÎTRE SES ÉMOTIONS

La reconnaissance de nos propres émotions consiste à obtenir des réponses aux quatre questions suivantes :

1. D’où vient-t-elle ?

C’est-à-dire, qu’est-ce qui se passe dans notre tête juste avant l’apparition de l’émotion ?

Quelle pensée a provoqué cette sensation ?

Quand nous prenons conscience de nos émotions, nous devons réfléchir alors à ce qui était à l’origine de son apparition. Quelle est sa nature ?

Quelle croyance ou quelle pensée est apparue juste avant ce ressenti d’émotion ?

Et si nous ne nous rappelons d’aucune pensée, posons-nous alors simplement la question : « pourquoi est-ce que nous nous sentons ainsi? »

Quand nous saisissons la cause (l’origine de l’émotion), nous obtenons une information très importante. Maintenant, nous savons quel type de pensées nourrit en nous tel état émotionnel et pas un autre.

2. Où et quand naît-elle ?

Chaque émotion a sa place dans notre corps. Ce qui est intéressant c’est que chacun ressent des émotions similaires, mais de façons différentes. L’un d’entre nous, ressentira le stress comme une boule dans la gorge, un autre comme un poids dans l’estomac, un troisième aura les jambes en coton… Quand l’émotion apparaît, invitons-nous à fermer les yeux et à rechercher dans notre corps où se manifeste cette émotion. Est-ce la gorge ? La tête ? Le ventre ou peut-être l’estomac ? Découvrons de quelle façon elle se manifeste dans notre corps. Est-ce une « éruption » soudaine ou une douce naissance ?

3. Quel est son processus et son intensité ?

En gardant toujours les yeux fermés, analysons de quelle façon l’émotion concernée se développe dans notre corps. Dans quelle direction se dirige-t-elle ? Comment fait-elle ça ? S’agit-il d’une émotion forte ou plutôt faible ?

Pour faciliter le processus d’analyse, nous pouvons dans notre imagination déterminer sa forme, sa taille, sa couleur, sa température, son poids ou bien d’autres paramètres. Grâce à cette analyse, nous connaîtrons avec précision la structure de nos émotions et nous saurons mieux comment elles vivent dans notre corps.

4. Quand et comment finit-elle ? Quelle est sa durée ?

Pensons à quel moment l’émotion disparaît. Quelle est la raison de sa dissipation ? Est-ce que c’est parce qu’il s’est écoulé beaucoup de temps ? Ou bien c’est parce que c’est le résultat d’une pensée ?

De quelle façon a-t-elle disparu ? Est-elle revenue à sa forme d’origine, ou s’est-elle évaporée d’un coup ? Combien de temps a-t-elle été présente dans notre corps, 3 ou 30 minutes, ou bien peut-être plusieurs heures ?

Lorsque nous aurons collecté toutes les réponses aux questions ci-dessus, nous aurons un ensemble inestimable d’informations sur une émotion particulière. C’est un grand pas en avant. Sans doute, n’avons nous jamais eu autant de connaissances sur nos émotions qu’aujourd’hui. Grâce à ce processus, nous acquérons déjà des capacités à les contrôler et à les maîtriser.

Quand j’ai commencé à pratiquer une telle approche, j’ai été surprise par l’exactitude et la précision d’une telle introspection dans mes émotions. Auparavant, je n’ai jamais été consciente du fait que, par exemple, une sensation de joie vécue par hasard, prenait naissance dans mon corps au centre de mon estomac et puis se propageait vers le haut.

Après un certain temps de pratique et d’expérience, la réflexion consciente ne nous sera plus nécessaire. Tout naturellement, nous connaîtrons toute émotion qui apparaîtra dans notre corps et tout de suite, nous saurons tout à son sujet.

C’est ce qu’on nomme l’intelligence émotionnelle, qui deviendra une source de nombreux changements positifs dans notre monde émotionnel.

3/MAÎTRISER SES ÉMOTIONS

La maîtrise du deuxième point donne la faculté du contrôle des émotions. Le point 3 a pour but d’apporter la maîtrise d’un niveau plus élevé. Cependant, il est nécessaire d’acquérir une pratique plus tenace. Il s’agit de s’exercer régulièrement. Après un certain temps d’entraînement il y a des résultats visibles sous la forme d’une maîtrise totale des émotions.

Il existe beaucoup d’outils qui sont très efficaces à cet effet.

La meilleure façon de maîtriser ses émotions est la faculté de contrôler ou d’observer ses pensées. Une des méthodes facile à appliquer consiste à écrire sur une feuille de papier tout ce que nous pensons de négatif durant la journée. Et puis, sur une autre, d’écrire tout ce qui est positif, et tout ce que nous pensons de bien : de nous, des autres. Nous pouvons ensuite mettre un pourcentage sur chaque feuille. De quel côté le pourcentage est-il le plus important ? Il s’agit de s’entraîner à poser des questions sur ce à quoi nous pensons en journée, du lever au coucher… Où vont nos pensées ?

Une autre façon de maîtriser les pensées est la méditation. Elle aide à observer la pensée, qui est parfois chaotique. Les différentes sortes d’exercices de relaxation sont également utiles, ainsi que l’ancrage de la PNL.

Cela nécessite un certain investissement, surtout au départ, mais les effets sont incroyables.

Estelle Ferragut, sophrologue

Sophrologie et conscience n°92 - Novembre 2018

Ambulanciers et sophrologie

L'utilisation de la sophrologie par les ambulanciers

ESTELLE FERRAGUT

Le JT du CHU de Rouen a mis en lumière l’utilisation de la sophrologie durant les interventions de la SMUR. Le but de cette pratique : réduire le stress et soulager la douleur des patients.

Guillaume Dolpierre, ambulancier et sophrologue, utilise la sophrologie durant ses interventions pour apaiser la souffrance chez les patients. L’ambulancier y a notamment recours lors de la prise en charge de douleurs thoraciques lorsqu’elles sont très intenses, lors d’accidents de la voie public avec des blessés très stressés mais également lors d’accouchements à domicile. L’utilisation de la sophrologie durant ces interventions facilite les soins pour l’équipe médicale et soignante. Durant le reportage, les ambulanciers témoignent de l’utilité de cette méthode qui a su montré son efficacité à diverses reprises.

04/10/2018|DouleurVidéos

Douleurs et sophrologie

La sophrologie pour remplacer la morphine à l'hopital

ESTELLE FERRAGUT

De plus en plus d’hôpitaux font appel à des sophrologues pour soulager la douleur des patients. Car en plus d’apporter un réel soutient aux malades, la méthode soulage, au point de remplacer parfois la morphine.

Priorité de santé publique dans le dernier Plan d’amélioration de la prise en charge de la douleur, la souffrance des patients est une thématique prise très au sérieux par le centre hospitalier de Dieppe. Pour soulager leur douleur, les professionnels n’hésitent pas à proposer des thérapies complémentaires à la médecine conventionnelle.

La sophrologie fait partie des méthodes présentées au sein de la structure de la douleur chronique. Elle permet aux patients d’accéder à une alternative lorsqu’ils souffrent notamment de lombalgie, de sciatique ou de fibromyalgie.

« Nous prenons en charge la douleur chronique, c’est-à-dire une douleur qui dure depuis plus de trois mois. C’est une prise en charge pluridisciplinaire. Il y a une consultation médicale, psychologique, par l’hypnose, la réflexologie, la sophrologie… Nous avons entre mille et 1 200 consultations médicales par an et deux mille consultations autres », expliquent les docteurs Franck Goy, urgentiste, et Patrick Rocatcher, pharmacien au grand public à l’occasion d’un forum d’information.

La sophrologie est également utilisée pour aider les patients en post-chimiothérapie et postopératoire. Le comité de lutte contre la douleur accompagne également les femmes enceintes pour les aider à diminuer l’anxiété et créer un climat serein lors de l’accouchement.

De nombreux autres hôpitaux ont intégré la sophrologie à leurs services pour améliorer la gestion de la douleur. Le CHRU de Tours a, par exemple, proposé la sophrologie pour remplacer la morphine, avec des résultats particulièrement probants : « On utilise de plus en plus des techniques comme la sophrologie, l’hypnose, l’acupuncture » précise Anne Philippe, médecin spécialiste de la douleur. « C’est l’avenir, de plus en plus de patients arrêtent la prise en charge médicamenteuse pour une prise en charge moins conventionnelle« .

Depuis 20 ans, Céline Borde souffre de la maladie de Crohn, une maladie qui provoque des rhumatismes inflammatoires sur l’ensemble du corps. Depuis 4 mois, elle fait de la sophrologie.  » Tout se passe au niveau de la tête. Avec la sophrologie on arrive à se libérer de choses. La douleur je l’aie mais je la gère plus facilement« .

15/02/2018|A la UneDouleur